Ouverture de la trappe
Lumière crue

la télévision parle
des yeux partout
les esprits de la vue

et j’ai si peur maintenant

je vois des choses
j’entends des choses
je ne sais pas qui je suis

langue pendante
pensée bloquée

le froissement de mon esprit

Où je commence
Où j’arrête
Comment je commence ?
(Puisque j’entends continuer)

Comment j’arrête ?
Comment j’arrête ?
Comment j’arrête ?
Comment j’arrête ? Une dose de souffrance
Comment j’arrête ? Qui me déchire les poumons
Comment j’arrête ? Une dose de mort
Comment j’arrête ? Qui me tord le cœur

Je vais mourir
pas encore
mais c’est là

S’il vous plaît…
L’argent…
La femme…

Tout acte est un symbole
dont le poids m’écrase

Une ligne en pointillés sur la gorge
À DÉCOUPER

NE LAISSEZ PAS ÇA ME TUER
ÇA VA ME TUER ET M’ÉCRASER ET
M’ENVOYER EN ENFER

Je vous supplie de me sauver de la folie qui me dévore
une mort hypo-volontaire

Je pensais que ne parlerai plus jamais
mais maintenant je sais qu’il y a plus noir que le désir
peut-être que ça va me sauver
peut-être que ça va me tuer

un sifflement sinistre c’est le cri de la détresse qui tournoie dans la cuvette infernale du plafond de mon esprit

une couche de cafards

arrêtez cette guerre

Mes cuisses sont vides
Rien à dire
Et c’est là le rythme de la folie


Sarah Kane, dans 4.48 Psychose

Il y a pas mal d’erreurs de mise en forme parce que le markdown est assez restrictif, mais c’est probablement un texte qui s’écoute de toute façon alors je ne pense pas que ce soit très important.